Éducation et formation professionnelle des adultes ou des ados ?


Le document de consultation souligne à juste titre les succès obtenus par nos élèves aux tests du PISA. Mais il y a une tache noire sur notre bulletin scolaire : le nombre trop élevé d’élèves (45%) qui n’obtiennent pas leur diplôme dans le nombre d’années prescrit, soit à l’âge prévu de 17 ans.

Cependant, bon nombre de ces élèves reviennent compléter leurs études en s’inscrivant à l’éducation des adultes. Si bien qu’on estime que près d’un élève sur cinq avait obtenu son premier diplôme du secondaire après l’âge de 20 ans et à la suite d’un passage à l’éducation des adultes.

La proportion des moins de 19 ans allant directement du secteur des jeunes à celui des adultes a littéralement explosé en deux décennies, passant de 1,3 % en 1984-1985 à 16,4 % en 2007-2008. En ajoutant ceux qui se sont inscrits après une interruption des études, on constate qu’au moins 20,8 % des jeunes sont inscrits à la Formation générale des adultes avant 19 ans, contre 3,2 % en 1984-1985.

Nous nous retrouvons donc avec deux clientèles distinctes : les adultes pour lesquels la FGA a été créée et des adolescents.

Le nombre des élèves « décrocheurs-raccrocheurs » est si important que le phénomène ne peut, selon nous, être attribué aux caractéristiques personnelles des élèves.

Au contraire, cela témoigne d’une inadaptation de l’école aux élèves plutôt que d’une inadaptation des élèves à l’école. Aussi, nous devrions bannir de notre vocabulaire le mot « décrochage », qui fait reposer la responsabilité sur les épaules de l’élève, pour le remplacer par le mot « exclusion », plus juste parce qu’il pointe du doigt le système scolaire comme étant la cause de cet échec.

Il ne faudrait donc pas que l’éducation des adultes soit un calque du système qui, au départ, n’est pas adapté à l’élève.

Formation professionnelle

Nous sommes d’accord avec le document de consultation à l’effet que « la formation professionnelle joue aussi un rôle important dans la réussite éducative des jeunes comme des adultes » et nous déplorons, nous aussi, qu’elle soit « encore aujourd’hui, davantage fréquentée par des adultes que par des jeunes, même si, depuis des décennies de nombreuses actions ont été menées pour y augmenter le nombre de jeunes de moins de 20 ans ».

La formation a besoin d’être valorisée. Pour ce faire, il ne faudrait pas envoyer le message que celle-ci est destinée aux exclus du système.

La voie à emprunter n’est pas non plus de multiplier les attestations de spécialisation en formation professionnelle (ASP) pour répondre aux besoins pointus de l’entreprise, au détriment d’un diplôme d’études professionnelles (DEP).

Bien entendu, il faut consulter les entreprises pour connaître leurs besoins afin d’adapter les apprentissages des métiers, mais ce serait rendre un mauvais service aux élèves, à la société, et même aux entreprises, que d’axer la formation professionnelle sur les besoins immédiats de l’entreprise. Dans un monde du travail en constants bouleversements, nous avons besoin de gens maîtrisant toutes les facettes d’un métier, et non pas seulement les aspects qui répondent aux nécessités du moment.

 

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