Personnels et population à statut précaire


Une des conditions essentielles, mais en général sous-estimée de la réussite scolaire et éducative, est la stabilité dans l’emploi, la stabilité de l’équipe-école. Pour cela, il faut mettre fin à la précarité du personnel enseignant et accorder des permanences. Il est inacceptable qu’à répétition, année après année, une enseignante quitte son établissement au mois de juin sans savoir où elle va se retrouver l’année suivante.

Au Syndicat de Champlain, plus de 40% de nos membres enseignants vivent cette situation.

L’insécurité associée à cette précarité en emploi est sans doute un facteur important dans l’abandon de la profession par 20 % d’enseignantes et d’enseignants au cours des cinq premières années d’exercice de la profession.

Personnel de soutien

Les caractéristiques du personnel de soutien ont énormément évolué au cours des dernières années. Auparavant, l’image qui venait en tête en parlant du personnel de soutien scolaire était celle de la secrétaire ou du concierge. Aujourd’hui, au Syndicat de Champlain, le personnel des services de garde constitue 45 % de nos 2 200 membres du personnel de soutien.

De tout temps, les secrétaires et les concierges ont joué un rôle important dans le bon fonctionnement de l’école, dont un des aspects les plus méconnus est leurs relations avec, d’une part, les enseignantes et les enseignants et, d’autre part, les élèves. Aujourd’hui, dans plusieurs établissements, leur nombre d’heures de travail est réduit de façon importante et non justifiée. Pire encore leur travail est donné à la sous-traitance, reconnue pour ses relations impersonnelles avec le personnel enseignant et les élèves. Il faut y mettre fin.

Quant au service de garde, l’appellation est aujourd’hui trompeuse. On ne peut réduire le travail de ses membres à du « gardiennage ». Elles jouent, en complémentarité avec l’école, un rôle éducatif majeur. Malheureusement, ce rôle n’est pas reconnu à sa juste valeur. Quand la cloche sonne, l’identification et les services aux élèves disparaissent. Pourtant, ces élèves peuvent être en présence du personnel du service de garde jusqu’à deux heures supplémentaires, après les heures de classe.

L’IMPORTANCE DU MILIEU SOCIO-ÉCONOMIQUE

On affirme, dans le document de consultation, que « la qualité des interrelations dans la classe peut contrer l’influence négative de caractéristiques individuelles, comme le niveau socio-économique ou le rendement initial de l’élève ».

Dans la perspective de l’égalité des chances, l’école peut contrebalancer jusqu’à un certain point l’influence négative d’un milieu socio-économique défavorisé. Mais nous insistons sur le « jusqu’à un certain point ».

De multiples études l’ont démontré. Citons en seulement deux. Statistique Canada, à l’issue d’une étude d’envergure, concluait en 2015  que les écarts entre le public et le privé ne sont causés ni par les ressources ni par les  pratiques  des  établissements,  mais  sont « systématiquement  imputables  à  deux  facteurs :  les  élèves  qui  fréquentaient  des  écoles  secondaires  privées  étaient  plus  susceptibles  d’avoir  des  caractéristiques  socioéconomiques  positivement  associées  au  succès  scolaire  et  d’avoir  des  pairs  dont  les  parents  avaient  fait  des  études  universitaires ».

Les résultats des recherches de l’Organisation  de  Coopération  et  de  Développement  Économiques  (OCDE),  grâce  aux  innombrables données  des  tests  du  Programme  international  pour  le  suivi  des  acquis  des  élèves (PISA),  vont  dans  le même  sens :  « […]  la  relation  positive  entre  la  concurrence des établissements et la performance des élèves perd sa signification statistique lorsque le milieu  socioéconomique  des  élèves  et  des  établissements  est  pris  en  compte ».

La réussite scolaire et éducative implique donc la réduction des écarts de richesses et une lutte contre la pauvreté. Des mesures urgentes doivent être prises, car comme le dit bien l’adage : « Ventre affamé n’a pas d’oreilles ». Il faut donc s’assurer que les enfants qui fréquentent nos établissements aient pris un petit déjeuner avant le début des classes.

Une autre mesure pour réduire la pauvreté, concernant directement les familles ayant des enfants à l’école, serait d’assurer la gratuité des fournitures scolaires.

L’écart grandissant entre les riches et les pauvres dans notre société commande une politique audacieuse et vigoureuse de redistribution de la richesse. Une première mesure serait la hausse à 15 $ de l’heure du salaire minimum. Cependant, malgré son importance, cette mesure ne serait pas suffisante. Plus d’un tiers de la main-d’œuvre occupe aujourd’hui un emploi atypique, souvent à temps partiel. C’est le cas de plusieurs de nos membres, particulièrement chez le personnel de soutien. Les futures politiques de la sécurité du revenu devront en tenir compte.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s